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Zone 2 et perte de masse grasse : comment mieux utiliser les lipides pendant l’effort ?

17 août
7 min de lecture

Perdre de la masse grasse ne consiste pas nécessairement à suivre un régime restrictif ou à pratiquer des séances de sport toujours plus intenses. L’enjeu est plutôt de créer un contexte favorable dans lequel l’organisme parvient plus facilement à mobiliser ses réserves énergétiques.

L’alimentation, l’activité physique, le sommeil et la régularité des habitudes agissent ensemble. Parmi les formes d’exercice intéressantes, le travail en zone 2 occupe une place particulière : cette intensité modérée permet de soutenir un effort relativement long tout en sollicitant fortement le métabolisme aérobie et l’utilisation des lipides.

Dans cette vidéo, Pascal Recordon explique les mécanismes physiologiques qui rendent ce type d’entraînement intéressant pour la perte de masse grasse et la santé métabolique.


Comment favoriser la perte de masse grasse grâce à l’entraînement en zone 2 ? Pascal Recordon explique la lipolyse, le rôle de l’insuline et l’intérêt d’une activité physique régulière.

Qu’est-ce que l’entraînement en zone 2 ?


La zone 2 correspond à une intensité d’effort faible à modérée. La respiration s’accélère, mais elle reste maîtrisée. Il est généralement encore possible de parler en phrases complètes, même si l’effort est bien perceptible.

En pratique, cette zone se situe souvent autour de 60 à 75 % de la fréquence cardiaque maximale. Cette fourchette reste une estimation : l’âge, le niveau d’entraînement, l’état de santé, les traitements et les caractéristiques individuelles peuvent modifier la réponse cardiaque.

La fréquence cardiaque maximale peut être estimée à l’aide de différentes formules, mais une évaluation personnalisée reste plus précise. À défaut, le « test de la parole » constitue un repère simple : si l’on peut encore discuter sans être totalement essoufflé, tout en sentant que l’on fournit un véritable effort, on se trouve généralement dans une intensité proche de la zone 2.

La marche rapide, le vélo, le vélo elliptique, la natation, la randonnée ou la course lente peuvent être pratiqués dans cette zone. Ce n’est donc pas l’activité choisie qui détermine la zone 2, mais l’intensité à laquelle elle est réalisée.


Pourquoi la zone 2 favorise-t-elle l’utilisation des graisses ?


Notre organisme dispose principalement de deux grandes sources d’énergie pendant l’effort : les glucides et les lipides. Ces filières ne fonctionnent pas séparément. Elles participent simultanément à la production d’énergie, mais leur contribution respective varie selon l’intensité, la durée de l’exercice, l’alimentation et le niveau d’entraînement.

À faible ou moyenne intensité, l’oxygène disponible permet aux muscles d’utiliser une proportion importante d’acides gras. Lorsque l’intensité augmente fortement, l’organisme se tourne davantage vers les glucides, qui peuvent fournir de l’énergie plus rapidement.

La zone 2 crée ainsi des conditions favorables à la lipolyse. Ce processus permet de libérer les acides gras contenus dans les triglycérides stockés au sein des cellules graisseuses, appelées adipocytes. Ces acides gras peuvent ensuite être transportés vers les muscles et utilisés pour produire de l’énergie.

Il ne s’agit pas d’un interrupteur qui ferait fonctionner exclusivement les graisses : les glucides continuent eux aussi à participer à l’effort. La zone 2 permet plutôt d’entraîner l’organisme à mieux mobiliser et oxyder ses réserves lipidiques.


Les peptides natriurétiques participent également à la lipolyse

Pendant l’activité physique, le cœur ne joue pas seulement un rôle mécanique de pompe. Il libère aussi des messagers biologiques, notamment des peptides natriurétiques.

Parmi eux, le peptide natriurétique auriculaire, ou ANP, peut participer à l’activation de la lipolyse dans les cellules graisseuses. Il contribue ainsi, avec d’autres signaux hormonaux, à rendre les acides gras disponibles pour les muscles.

Ce mécanisme rappelle que l’utilisation des graisses pendant l’effort ne dépend pas d’un seul facteur. Elle résulte d’un ensemble coordonné de réponses cardiaques, musculaires, hormonales et métaboliques.


Quel est le rôle de l’insuline ?


L’insuline est une hormone indispensable. Elle permet notamment de réguler le glucose sanguin et de faciliter son entrée dans certaines cellules.

Après la consommation d’aliments contenant des glucides, la glycémie augmente et le pancréas libère de l’insuline. Dans ce contexte, l’organisme dispose d’une source d’énergie rapidement accessible et réduit temporairement la mobilisation des graisses stockées. L’insuline exerce donc un effet inhibiteur sur la lipolyse.

Pour une séance de zone 2 relativement courte et modérée, il peut être intéressant de ne pas consommer une quantité importante de glucides juste avant l’effort lorsque la personne le tolère bien. L’organisme pourra alors davantage s’appuyer sur les réserves énergétiques déjà disponibles.

Cela ne signifie pas que les glucides doivent être supprimés. Ils participent au fonctionnement musculaire, à la récupération et à l’oxydation des lipides. Leur utilité dépend aussi de la durée et de l’intensité de l’effort.

Pour une sortie longue, une séance plus intense ou chez une personne sujette aux hypoglycémies, la stratégie doit être adaptée. L’objectif n’est pas de s’entraîner systématiquement à jeun, mais de choisir l’alimentation précédant l’effort en fonction de ses capacités, de son état de santé et du travail prévu.


Utiliser des graisses pendant l’effort et perdre de la masse grasse : deux notions différentes


Une séance en zone 2 peut augmenter la proportion de lipides utilisée pendant l’effort. Cela ne signifie pas automatiquement que la masse grasse corporelle diminuera.

La perte de masse grasse dépend d’un équilibre plus large : alimentation quotidienne, dépense énergétique, qualité du sommeil, niveau de stress, masse musculaire, régularité de l’activité physique et fonctionnement métabolique.

Une personne peut utiliser beaucoup de lipides pendant une séance puis compenser cette dépense par une alimentation excessive. À l’inverse, une activité régulière intégrée dans une hygiène de vie cohérente peut progressivement modifier la composition corporelle sans régime brutal.

La zone 2 doit donc être considérée comme un outil au sein d’une stratégie globale, et non comme une méthode isolée ou une solution immédiate.


La régularité apprend à l’organisme à mieux utiliser les lipides


Les effets de la zone 2 reposent en grande partie sur la répétition. Au fil des séances, les muscles améliorent leur capacité à capter l’oxygène, à mobiliser les acides gras et à produire de l’énergie dans les mitochondries.

Cette adaptation est parfois appelée flexibilité métabolique : l’organisme devient plus apte à passer d’un carburant à l’autre selon les besoins et les ressources disponibles.

Une séance occasionnelle est bénéfique, mais elle ne suffit pas à transformer durablement le métabolisme. La progression repose sur une pratique régulière, adaptée au niveau de départ et suffisamment agréable pour pouvoir être poursuivie.

Il est généralement préférable de commencer par des séances accessibles, puis d’en augmenter progressivement la durée. Une marche rapide régulière peut ainsi être plus utile qu’un entraînement très intense réalisé ponctuellement puis abandonné.


Pourquoi la zone 2 est-elle intéressante en cas d’insulinorésistance ?


L’insulinorésistance correspond à une diminution de la sensibilité des cellules à l’action de l’insuline. Le pancréas doit alors en produire davantage pour maintenir une glycémie correcte. Cette situation peut favoriser le stockage abdominal, les variations d’énergie et, à terme, l’apparition d’un syndrome métabolique ou d’un diabète de type 2.

L’activité physique régulière aide les muscles à mieux utiliser le glucose et améliore progressivement leur réponse à l’insuline. Le travail aérobie en zone 2 peut également renforcer les capacités mitochondriales et l’utilisation des lipides.

Même lorsque le métabolisme est perturbé, l’organisme conserve souvent une véritable capacité d’adaptation. Une alimentation appropriée, une activité physique régulière, un sommeil suffisant et une diminution de la sédentarité peuvent améliorer sensiblement la sensibilité à l’insuline et plusieurs paramètres métaboliques.

En présence d’un diabète ou d’un traitement susceptible de provoquer une hypoglycémie, l’activité physique et l’alimentation entourant les séances doivent toutefois être adaptées avec le professionnel de santé qui suit le traitement.


Comment commencer simplement ?


Il n’est pas nécessaire d’être sportif pour travailler en zone 2. Une marche suffisamment dynamique pour augmenter légèrement la respiration peut déjà constituer un point de départ.

L’essentiel est de choisir une activité compatible avec ses capacités physiques, puis d’installer une fréquence réaliste. Deux ou trois séances régulières sont généralement préférables à un programme ambitieux impossible à maintenir.

La progression doit rester graduelle. Les premières séances peuvent être relativement courtes, puis leur durée peut augmenter à mesure que l’organisme s’adapte. Le rythme doit permettre de ressentir l’effort sans provoquer un essoufflement excessif.

La zone 2 n’exclut pas les autres formes d’activité. Le renforcement musculaire, la mobilité et, selon les capacités, quelques efforts plus intenses peuvent compléter utilement le travail d’endurance.

Pour aller plus loin, découvrez également l’accompagnement en naturopathie proposé aux sportifs à Toulon autour de l’alimentation, de l’endurance et de la récupération.


En conclusion


La zone 2 constitue une approche accessible pour améliorer l’endurance, stimuler les capacités aérobies et apprendre à l’organisme à mieux utiliser les lipides comme source d’énergie.

Son intérêt ne repose pas sur une promesse de perte de poids rapide. Il réside dans la mise en place progressive d’un métabolisme plus adaptable, soutenu par une activité régulière et une alimentation cohérente.

Plutôt que de rechercher une séance parfaite, le plus efficace est souvent de construire une pratique que l’on peut réellement maintenir. La répétition, la progression et la régularité permettent alors à l’organisme de retrouver peu à peu de meilleures capacités d’utilisation de ses ressources énergétiques.


Sources scientifiques


Achten J., Jeukendrup A. E. (2003). Maximal fat oxidation during exercise in trained men.Cette étude décrit l’évolution de l’oxydation des lipides selon l’intensité de l’exercice et situe son maximum, avec une variabilité individuelle importante, dans une zone d’intensité modérée.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14598198/

Lafontan M. et al. (2008). Control of lipolysis by natriuretic peptides and cyclic GMP.Cette synthèse présente le rôle de l’ANP et du BNP dans la stimulation de la lipolyse au sein des cellules graisseuses humaines.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18337116/

Aird T. P., Davies R. W., Carson B. P. (2018). Effects of fasted vs fed-state exercise on performance and post-exercise metabolism: a systematic review and meta-analysis.Cette revue examine l’influence de l’alimentation avant l’exercice sur l’utilisation des substrats énergétiques et sur les performances.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29315892/

San-Millán I., Brooks G. A. (2018). Assessment of Metabolic Flexibility by Means of Measuring Blood Lactate, Fat, and Carbohydrate Oxidation Responses to Exercise in Professional Endurance Athletes and Less-Fit Individuals.Cette étude s’intéresse aux liens entre oxydation des lipides, capacité mitochondriale et flexibilité métabolique.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28623613/

Sigal R. J. et al. (2007). Effects of aerobic training, resistance training, or both on glycemic control in type 2 diabetes.Cet essai montre l’intérêt de l’activité aérobie et du renforcement musculaire pour le contrôle glycémique, avec un bénéfice particulièrement marqué lorsque les deux sont associés.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17876019/


À propos de l’auteur


Pascal Recordon est naturopathe et sophrologue à Toulon. Il accompagne les personnes souhaitant améliorer leur équilibre métabolique, leur alimentation et leur condition physique par des changements progressifs et adaptés à leur rythme de vie. Son approche associe nutrition fonctionnelle, micronutrition, activité physique et compréhension des mécanismes physiologiques.


 
 
 

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