Comment gérer son stress au quotidien ? 10 techniques simples
Dernière mise à jour : 16 août
Le stress est une réponse normale de l’organisme face à une contrainte, un changement ou une situation perçue comme difficile. Ponctuellement, il peut nous aider à mobiliser notre attention et notre énergie. Lorsqu’il devient trop fréquent ou que les périodes de récupération sont insuffisantes, il peut toutefois perturber le sommeil, la concentration, la digestion et l’équilibre émotionnel.
Il n’existe pas de méthode unique pour supprimer le stress. L’objectif consiste plutôt à mieux le réguler, en agissant sur la respiration, l’activité physique, le sommeil, l’organisation quotidienne et les temps de récupération. Voici dix techniques simples à expérimenter progressivement, selon vos besoins et votre situation.
1. Ralentir volontairement sa respiration

Lorsque nous sommes sous tension, la respiration tend à devenir plus rapide et plus superficielle. La ralentir volontairement peut aider l’organisme à retrouver progressivement un état plus calme.
Exercice :
installez-vous confortablement, sans chercher à modifier immédiatement votre respiration ;
inspirez doucement par le nez pendant environ 4 secondes ;
expirez lentement pendant environ 6 secondes ;
poursuivez pendant 3 à 5 minutes, sans forcer et sans retenir votre souffle.
L’expiration légèrement plus longue que l’inspiration favorise généralement l’apaisement. Si l’exercice provoque une gêne, des vertiges ou une sensation de manque d’air, reprenez simplement une respiration naturelle.
Pour approfondir cette pratique, découvrez comment utiliser la cohérence cardiaque et adapter son rythme respiratoire à vos sensations.
2. Pratiquer la cohérence cardiaque
La cohérence cardiaque repose sur une respiration lente et régulière, généralement autour de six cycles respiratoires par minute. Cette pratique peut contribuer à mieux réguler les manifestations physiologiques du stress.
Exercice :
inspirez pendant 5 secondes ;
expirez pendant 5 secondes ;
poursuivez ce rythme pendant 5 minutes ;
pratiquez idéalement dans un endroit calme, sans forcer l’amplitude respiratoire.
Une pratique régulière est généralement plus utile qu’une séance isolée. Elle peut être réalisée à l’aide d’un guide visuel ou d’une application de respiration.
La cohérence cardiaque ne supprime pas la cause du stress, mais elle peut constituer un outil simple pour faciliter le retour au calme.
3. Utiliser un exercice de sophrologie
La sophrologie associe notamment respiration, relâchement musculaire, attention portée aux sensations et visualisation. Elle peut aider à identifier les tensions corporelles et à créer un temps de pause dans une journée chargée.
Exercice :
installez-vous assis, les pieds au sol ;
portez successivement votre attention sur le visage, les épaules, les bras, le dos et les jambes ;
à chaque expiration, laissez la zone observée se relâcher autant que possible ;
terminez en prenant conscience des points d’appui du corps et de votre respiration naturelle.
Cet exercice peut durer quelques minutes. Il ne s’agit pas de rechercher une détente parfaite, mais d’observer les tensions et de permettre progressivement au corps de les relâcher.

4. Bouger régulièrement
L’activité physique peut aider à diminuer les tensions, à améliorer l’humeur et à faciliter la récupération après une période stressante. Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport intense : la régularité compte davantage que la performance.
Quelques possibilités :
marcher d’un bon pas pendant 20 à 30 minutes ;
faire quelques mouvements de mobilité après une période prolongée en position assise ;
pratiquer le vélo, la natation, le yoga ou toute autre activité adaptée à sa condition physique ;
fractionner l’activité en plusieurs périodes courtes au cours de la journée.
L’objectif est de choisir une activité accessible et suffisamment agréable pour pouvoir la maintenir dans le temps. En cas de problème de santé ou de reprise après une longue période d’inactivité, un avis médical peut être nécessaire.

5. Préserver son sommeil
Le stress peut retarder l’endormissement ou provoquer des réveils nocturnes. En retour, un sommeil insuffisant peut augmenter la réactivité émotionnelle et rendre les contraintes quotidiennes plus difficiles à gérer.
Repères utiles :
conserver des horaires de lever relativement réguliers ;
s’exposer à la lumière naturelle le matin ;
réduire progressivement les stimulations en fin de journée ;
éviter de travailler ou de consulter des contenus anxiogènes juste avant le coucher ;
maintenir une chambre sombre, calme et suffisamment fraîche.
Il est rarement utile de vouloir « forcer » le sommeil. L’objectif est plutôt de créer des conditions favorables à l’endormissement et de préserver un rythme régulier. Des difficultés persistantes, des ronflements importants ou une somnolence inhabituelle doivent conduire à demander un avis médical.

6. Organiser ses journées et ses priorités
Une accumulation de tâches imprécises ou concurrentes peut entretenir la sensation d’être constamment débordé. Clarifier ce qui doit réellement être fait permet de réduire une partie de cette charge mentale.
En pratique :
notez les tâches plutôt que d’essayer de toutes les garder en mémoire ;
identifiez une à trois priorités réalistes pour la journée ;
découpez les tâches importantes en étapes plus petites ;
prévoyez une marge entre deux rendez-vous lorsque cela est possible ;
distinguez ce qui est urgent, ce qui est important et ce qui peut attendre.
L’organisation ne permet pas de contrôler tous les imprévus. Elle aide toutefois à rendre la charge plus lisible et à concentrer son énergie sur ce qui dépend réellement de soi.
7. Prévoir de véritables temps de récupération
Faire une pause ne signifie pas seulement interrompre une tâche tout en consultant son téléphone. Une récupération réelle suppose de diminuer temporairement les sollicitations et de laisser l’attention se relâcher.
Quelques possibilités :
sortir quelques minutes à l’extérieur ;
regarder au loin après un travail prolongé sur écran ;
écouter de la musique sans effectuer une autre tâche en parallèle ;
prendre un repas sans téléphone ni ordinateur ;
prévoir régulièrement une activité sans objectif de performance.
Ces pauses courtes ne compensent pas une surcharge durable, mais elles peuvent limiter l’accumulation de tension au cours de la journée. Lorsque les exigences deviennent continuellement supérieures aux capacités de récupération, il est également nécessaire d’interroger l’organisation ou la situation qui entretient le stress.

8. Observer ses pensées sans chercher à les supprimer
En période de stress, l’esprit peut anticiper les difficultés, répéter les mêmes scénarios ou se concentrer sur les éléments menaçants. Chercher à « vider son esprit » produit souvent l’effet inverse.
Exercice :
installez-vous quelques minutes dans un endroit calme ;
portez votre attention sur la respiration ou sur les sensations du corps ;
lorsqu’une pensée apparaît, observez-la sans chercher à la chasser ;
ramenez ensuite doucement votre attention vers le point choisi.
L’objectif n’est pas de ne plus penser, mais d’apprendre à reconnaître une pensée comme un événement mental, sans devoir nécessairement la suivre ni y réagir immédiatement. Cette pratique demande généralement un apprentissage progressif.

9. Écrire pour prendre du recul
L’écriture peut aider à clarifier une situation, à distinguer les faits des anticipations et à identifier les préoccupations sur lesquelles il est possible d’agir.
Exercice :
Pendant quelques minutes, notez :
ce qui vous préoccupe actuellement ;
les faits dont vous êtes certain ;
les pensées ou scénarios que vous anticipez ;
ce qui dépend de vous aujourd’hui ;
la prochaine action concrète et réaliste.
Il n’est pas nécessaire d’écrire longuement ni de rechercher une formulation parfaite. Cet exercice sert avant tout à sortir les préoccupations de la seule réflexion mentale et à les rendre plus lisibles. Il ne remplace toutefois pas un accompagnement lorsque les pensées deviennent envahissantes ou très anxiogènes.

10. Demander de l’aide lorsque le stress s’installe
Les techniques de gestion du stress peuvent apporter un soutien, mais elles ne doivent pas conduire à banaliser une situation devenue trop difficile. Lorsque le stress persiste, il est important d’en rechercher les causes et de ne pas rester seul.
Un avis professionnel est notamment recommandé en présence :
d’un épuisement important ;
de troubles du sommeil persistants ;
de crises d’angoisse ou d’une anxiété envahissante ;
d’une perte d’intérêt pour les activités habituelles ;
de difficultés professionnelles, familiales ou relationnelles importantes ;
de symptômes physiques nouveaux ou inexpliqués.
Le médecin traitant constitue généralement le premier interlocuteur. Selon la situation, il pourra orienter vers un psychologue, un psychiatre ou un autre professionnel compétent. La sophrologie peut être utilisée comme approche complémentaire pour travailler la respiration, le relâchement et la perception des tensions, mais elle ne remplace ni un diagnostic ni une prise en charge médicale ou psychologique.
Conclusion
Mieux gérer son stress ne signifie pas supprimer toute tension ni rester calme en permanence. Il s’agit plutôt d’identifier les signes de surcharge, de faciliter le retour au calme et de préserver des temps de récupération suffisants.
Il est préférable de commencer par une ou deux techniques simples, puis d’observer celles qui vous conviennent réellement. Une respiration plus lente, quelques minutes de marche ou une meilleure organisation peuvent déjà constituer des points d’appui utiles lorsqu’ils sont pratiqués régulièrement.
Lorsque le stress devient durable, altère la qualité de vie ou s’accompagne de symptômes importants, les techniques d’autogestion ne suffisent pas toujours. Demander un avis professionnel permet alors d’en rechercher les causes et de bénéficier d’un accompagnement adapté.
Sources scientifiques
Laborde S. et al. (2022). Effects of voluntary slow breathing on heart rate and heart rate variability: A systematic review and a meta-analysis.Cette synthèse examine les effets de la respiration lente volontaire sur le rythme cardiaque et sa variabilité.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35623448/
Lehrer P. et al. (2020). Heart Rate Variability Biofeedback Improves Emotional and Physical Health and Performance: A Systematic Review and Meta-Analysis.Cette méta-analyse évalue notamment l’intérêt des exercices respiratoires guidés par la variabilité cardiaque comme approche complémentaire.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32385728/
Goyal M. et al. (2014). Meditation Programs for Psychological Stress and Well-being: A Systematic Review and Meta-analysis.Cette revue analyse les effets des programmes de méditation sur le stress psychologique, l’anxiété et le bien-être.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24395196/
Singh B. et al. (2023). Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews.Cette synthèse étudie les effets de différentes formes d’activité physique sur l’anxiété, la détresse psychologique et les symptômes dépressifs.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36796860/
À propos de l’auteur
Pascal Recordon est naturopathe et sophrologue à Toulon. Il accompagne notamment les personnes confrontées au stress, aux difficultés de sommeil ou à des périodes de surcharge. Son approche associe exercices de respiration, sophrologie et conseils d’hygiène de vie, en complément d’un suivi médical ou psychologique lorsque la situation le nécessite.




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